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Les femmes rôlistes

Le 22 septembre 2013 dans Portraits

Que serait le jeu de rôle sans les femmes ? Un loisir bien morne, sans doute ! En ce numéro consacré aux femmes et au jeu de rôle, les Chroniques d’Altaride vous propose de découvrir le témoignage de plusieurs rôlistes filles, qui nous racontent en quoi c’est différent d’être une femme dans le microcosme ludique… ou en quoi, finalement,c’est encore la même chose : des gens qui jouent.

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Je me suis lancée dans le jeu de rôle avec quelques amis, peu après avoir commencé mes études secondaires. Pour catégoriser tout ça on avait : un meneur de jeu, un joueur et deux ou trois filles. On a commencé sur Vampire la mascarade et Advanced Dungeons & Dragons. On se connaissait depuis un moment, sauf le meneur. À l’époque, on écrivait souvent des nouvelles thriller ou gore qu’on s’échangeait à qui mieux-mieux et on était branchés sur la sphère gothique-sage, l’ésotérisme et ce genre de délires, plus par jeu qu’autre chose.En fait, j’ai rencontré trois approches différentes du jeu :
► une bande de passionnés se retrouvent en clubs (la guilde des Fines Lames) ;
► une bande de potes qui jouent entre eux pour le jeu et pour se retrouver (la plupart de mes tables) ;
► une bande de potes qui jouent entre eux pour avoir un prétexte de guindaille.
Bien que les deux derniers groupes semblent très similaires, ils ne le sont pas. J’ai envie de dire que le groupe de guindailleurs est très différent. Dans ce troisième groupe, j’avais l’impression de servir le scénario comme une bonne hôtesse sert le café. Les nanas(copines des joueurs) parlaient dans le salon. Quant aux joueurs (99% de mecs), chacun avait son propre bac de bière et son herbe. Il y avait souvent plus de huit joueurs parce que Machin avait amené deux potes. Leur jeu préféré consistait à casser le scénario entre deux à-fond ou deux chants. J’ai failli décrocher complètement. Cette clique était misogyne, macho et quasi alcoolique mais ne constitue au final qu’une exception dans le milieu rôliste. Dans les autres groupes, qu’on soit d’abord potes ou d’abord rôlistes ne change pas grand-chose (et on finit par devenir un peu des deux) : je suis accueillie tant comme joueuse que comme meneuse. Souvent bienvenue, parfois chouchoutée, parfois testée aussi, mais sans malice. Je suis heureuse d’y trouver avant tout un réel échange, un retour en bien ou en mal sur les scénarios que je propose et de vrais délires quand je pars sur un Toons ou un Brain Soda, même si ce ne sont pas des vrais jeux – diront les mâles de l’autre groupe.Voilà pour mes longues soirées d’hiver. L’été, quand je m’ennuie,je fais du GN. En fait l’été s’étend même sur douze mois… Je suis organisatrice.En dehors de l’aspect jeu de rôle je suis quelqu’un d’assez authentique,gentil, rêveur avec les pieds sur terre, spontané, qui aime rire, s’amuser,parfois compliqué et explosif, un poil victime à mes heures, timide et manquant de confiance, et je tends à préférer nettement la compagnie des hommes à celle des femmes – surtout si elles n’ont rien à dire qui m’intéresse [...]

Portrait de Rachel Loria «Trash Ello »
Retrouvez d’autres portraits dans les Chroniques d’Altaride n°16 (septembre 2013), revue rôliste mensuelle gratuite éditée par la guilde d’Altaride.

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